Qu’est ce que l’humanitude ?

Le concept d’humanitude repose sur une définition de l’homme comme animal communiquant doté de capacités et vivant dans un milieu particulier, ce qui implique des besoins propres à l’espèce humaine. Ce concept a été popularisé et adapté aux soins des personnes âgées par Yves Gineste et Rosette Marescotti il y a 30 ans. La méthode ainsi mise au point a montré son efficacité vis-à-vis des personnes atteintes de maladies neurodégénératives de type Alzheimer et apparentées. Elle vise à restituer à la personne sa dignité d’être humain et s’inscrit ainsi dans une démarche de bientraitance.

Cette nouvelle approche des soins donnés aux personnes âgées repose sur quatre piliers :

  • La parole demeure notre principal moyen de communication et de mise en contact avec autrui. C’est grâce à elle que nous possédons une pensée discursive car  « c’est dans les mots que nous pensons ». Si l’Homme se définit dés la philosophie antique comme un animal rationnel, c’est par l’existence de la parole que nous possédons ce statut.
    Ainsi la parole demeure importante dans les soins puisqu’elle permet aux patients et aux soignants de se définir comme Êtres humains.
  • Dans les cas de démences, l’impossibilité de la parole, ne sonne pas le glas de la communication. En effet, le regard demeure, il est notre premier outil de communication. Dés nos premiers jours, alors que la parole ne peut encore être mobilisée, le regard est une communication non-discursive qui demeure extrêmement expressive. Alors que les mots ne sont pas encore possibles, ne sont plus possibles, sont inadaptés, le regard permet encore de dire quelque chose. Pour cela, le regard doit fixer le visage de la personne, s’y accrocher, s’y arrêter et non pas fuir. Ce sont ces principes pratiques que met en avant l’humanitude.
  • Le toucher est encore une forme de communication, même si elle demeure plus restreinte que les deux précédentes. On peut néanmoins distinguer dans les soins deux types de toucher. Le toucher au service de la technique, comme une palpation permettant au médecin ou au soignant d’obtenir des informations relatives à l’état de santé de la personne. La seconde forme est davantage une forme de sollicitude, une manière d’entrer en contact. Dans les soins ce toucher apporte réconfort et favorise l’estime de soi chez le malade.
  • Enfin, si la bipédie n’est pas l’unique trait de l’humanité, elle demeure essentielle à nos fonctions motrices. Trois semaines d’immobilité suffisent à rendre grabataire une personne valide. En plus de la motricité, la verticalité permet une bonne perception spatiale. Elle favorise ainsi le bon fonctionnement cognitif.

Cette méthode de soins a fait ses preuves en améliorant au quotidien le rapport de soins entre 111 femmes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leurs soignant(e)s.

6 réflexions sur “ Qu’est ce que l’humanitude ? ”

  1. « La verticalité » est à manier avec qqes précautions.
    En veut pour exemple, l’acharnement pourtant bienveillant de certains soignants, à « verticaliser » des personnes âgées dépendantes.
    Ces personnes âgées se voient alors infliger l’image de leurs corps défaillant en lieu et place de leurs dignité. En effet se voir dépendant au point de ne rester debout qu’avec support, peut être plus traumatisant que la perte de la station debout. « La verticalité » passe aussi par le sentiment que l’on a de sa valeur.
    L’application de principes aussi louables soient-ils, ne remplacera pas l’analyse à entreprendre avant toute démarche concernant le vécu et la vie de l’Autre.

  2. Si l’on parle d’archanement, c’est déjà que l’on est plus dans une démarche d’humanitude ! dans cette approche, tout acte posé, toute parole dite, exige une analyse de la situation ; en équipe si possible ! que ce soit à domicile ou en structure.

  3. La formation humanitude devrait faire parti intégrante de la formation infirmiere car elle permet une prise en charge Humaine d’ humain envers et avec un humain et non pas de technicien à un patient . SUite à la pratique de ces différentes techniques donnees lors de cette fabuleuse formation j ai pu constater des progrès immenses sur des personnes que la médecine qualifiait de très grands grabataires. Des mains qui s’ouvrent qui ne se sont jamais ouvertes depuis des années . Des personnes qui s’expriment par le rire alors qu’elles étaient complètement mutiques auparavant . Ma pratique soignante à pris du sens . Chaque objectif acquis est un pure moment de bonheur .

  4. Nous sommes, à L’EHPAD où je travaille, en train de mettre en place l’Humanitude… Beaucoup d’interrogations sur certaines pratiques surtout vis-à-vis de la verticalité, la mise en place des toilettes évaluatives…
    Je travaille actuellement sur les limites de ce concept et j’aimerai avoir quelques témoignages. Je suis infirmière.
    Merci et à bientôt.

  5. Et bien restez une semaine allongée après une opération et vous verrez les douleurs qui se déclarent partout dans le corps de rester toujours allongé. La verticalité permet d’avoir ne serait ce qu’un moment un autre panorama, et se dégourdir un peu les muscles du corps, permet au transit aussi de se faire. Même si on est très très faible, tant qu’il reste un souffle de vie, il est nécessaire de bouger, car vie = mouvement. Même si ça peut être difficile pendant, ça n’apportera qu’un mieux être le temps qu’il reste à vivre. Il ne s’agit pas d’acharnement, mais d’accompagnement dans les derniers moments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>