Les dysfonctionnements institutionnels font payer le prix fort aux victimes de maltraitances

Maître Isabelle Steyer, avocate du père d’Enzo, un petit garçon mort sous les coups de son beau-père ne mâche pas ses mots pour dénoncer les erreurs des institutions qui auraient pu éviter la mort de l’enfant.

Pour elle il s’agit « d’un enchaînement de lâchetés, d’incompétence et de dénis ». De l’expert au procureur de la république, une plus grande attention portée au dossier aurait dû éviter le drame. Elle déplore également le manque de communication entre l’hôpital, et le pédiatre chargé de l’enfant.

Dans cette affaire, le père qui n’est pas maltraitant souhaite engager la responsabilité de l’Etat. C’est un cas assez rare puisque seul un dépositaire de l’autorité parentale peut engager ce processus et que dans la plupart des situations de maltraitance, les deux parents en portent la responsabilité.

L’enjeu de ce procès est plus vaste qu’il n’y parait puisqu’une condamnation de l’Etat pourrait permettre réévaluer le travail des professionnels de l’enfance qui laissent passer un trop grand nombre de cas de maltraitance. Il s’agit donc de remettre en question un système qui fonctionne très mal.

Néanmoins cette remise en question est délicate. En effet, durcir les conditions qui permettent de retirer un enfant à ses parents peut aussi bien détruire des vies qu’en sauver. Rappelons qu’il est estimé que la moitié des 150 000 enfants retirés à leur famille le sont de façon injustifié (voir notre article : Bientraitance et protection de l’enfance, une administration des services sociaux à double tranchant )

Une remise en question et des mesures sont donc bien nécessaires à condition qu’elles cherchent à rendre notre système plus efficace, mais aussi plus juste.

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